La Leishmaniose chez le Chat

Dr Nicolas MARTINEZ
One Health

Dr Nicolas MARTINEZ

Intéressé par les liens entre santé animale et santé humaine, le Dr Martinez s’intéresse particulièrement aux maladies vectorielles. Dans ce cadre, il a suivi une formation universitaire complémentaire au sein de la faculté de médecine de Sorbonne Université, lui apportant une approche globale des enjeux sanitaires selon le concept « One Health ».

J’ai lu pour vous : « Feline leishmaniosis in the Mediterranean Basin: a multicenter study ». Cette étude majeure, publiée en 2024 dans Parasites & Vectors, redéfinit notre compréhension de la leishmaniose féline dans nos régions.

Leishmania infantum parasite vétérinaire
Observation de Leishmania infantum, agent responsable de la leishmaniose féline.

Une étude épidémiologique à grande échelle

L’étude menée par Carbonara et al. (2024) est la première du genre par son ampleur. Elle a porté sur 2 067 chats domestiques à travers six pays : Italie, Grèce, Portugal, France, Israël et Espagne. L’objectif était d’évaluer la prévalence de L. infantum et d’identifier les profils de chats les plus exposés.

Prévalence dans le Bassin Méditerranéen

Donnée clé : La prévalence globale de L. infantum chez le chat est de 17,3 %.
Les taux varient selon les pays, atteignant jusqu’à 24,7 % au Portugal, confirmant que le chat est un hôte bien plus fréquent qu’on ne le pensait.

Populations à risque

L’étude identifie des facteurs favorisants majeurs :

  • Mode de vie : Les chats errants ou vivant en refuge présentent un risque accru d’infection par manque de protection vectorielle.
  • Co-infections : Les chats infectés par le virus de l’immunodéficience féline (FIV) sont particulièrement vulnérables, le parasite profitant de l’affaiblissement du système immunitaire.

Signes cliniques et Anomalies biologiques

La leishmaniose féline ne doit pas être négligée lors du diagnostic différentiel. Les signes fréquemment associés sont :

  • Perte de poids inexpliquée et lymphadénomégalie (ganglions).
  • Atteinte buccale : Gingivostomatite et ulcères buccaux.

Anomalies biologiques fréquentes :

L’analyse sanguine révèle souvent une hypoalbuminémie, une augmentation des globulines totales, ainsi qu’une leucocytose et une thrombocytose.

Conclusions pour les propriétaires

Cette étude confirme que L. infantum circule activement chez les chats domestiques de nos régions. La leishmaniose féline doit désormais être systématiquement envisagée par le vétérinaire face à des symptômes compatibles, particulièrement à Nice et dans le Sud de la France, zone de forte endémie.

Un doute sur la santé de votre chat ?

Un dépistage précoce permet une meilleure gestion médicale de la maladie.

Prendre rendez-vous

Source : Carbonara M., Iatta R., Miró G., et al. (2024). Feline leishmaniosis in the Mediterranean Basin: a multicenter study, Parasites & Vectors, 17:346.

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