FAQ Santé du Cobaye – Cochon d’Inde | Clinique Vétérinaire Lingostière Nice

FAQ Cobaye : alimentation, habitat, vitamine C, prévention et maladies fréquentes

FAQ Cobaye Lingostière
Votre service NAC à la clinique de Lingostière
Le cobaye (cochon d’Inde) est un herbivore strict, très sensible à la qualité de son alimentation et de son environnement. Beaucoup de problèmes vus en consultation (dents, transit, peau, urines) sont directement liés à l’hygiène de vie. Dans notre pratique quotidienne, on constate qu’une bonne routine (foin, vitamine C, mouvement, eau adaptée) change réellement la trajectoire de santé.
1) Alimentation et Vitamine C

1) Quelle est la base de l’alimentation d’un cobaye ?

Le foin, tous les jours, en quantité libre. C’est la clé pour l’usure dentaire, le transit et l’équilibre du microbiote du caecum.
Dans notre pratique quotidienne, quand un cobaye “boude le foin”, on anticipe souvent une suite classique : baisse d’appétit, crottes plus petites, douleurs, puis consultation en urgence.

Repère simple pour une ration type :

  • 60 à 70 % foin
  • 30 à 40 % légumes
  • 5 à 10 % granulés
  • moins de 5 % fruits et friandises industrielles

2) Pourquoi le cobaye a-t-il besoin de vitamine C ?

Le cobaye ne synthétise pas la vitamine C. Il doit donc en recevoir, chaque jour, via l’alimentation (et parfois via une complémentation orale).
Conseil pratique :

  • donner au moins un légume riche en vitamine C chaque jour (ex : poivron, brocoli, choux de Bruxelles, chou-rave)
  • si besoin, ajouter une vitamine C par voie orale (comprimé ou liquide directement dans la bouche)

À éviter : mettre la vitamine C dans l’eau. Elle se dégrade, et on ne maîtrise pas la dose réellement ingérée.

3) Quels légumes donner, et lesquels limiter ?

Les légumes sont indispensables (vitamine C, eau, variété). Un ordre d’idée souvent utilisé : 50 à 100 g/kg de poids vif/jour, en variant.
Si ton cobaye a tendance aux problèmes urinaires, on limite les apports très réguliers en végétaux riches en calcium (pissenlit, persil, épinards, blettes, fanes, cresson). Cela ne veut pas dire “interdits”, mais plutôt “pas tous les jours”.
Dans notre pratique, on voit fréquemment des cobayes dont la ration est “trop riche en persil” parce qu’ils en raffolent. Ça part d’une bonne intention, mais ça peut compliquer l’équilibre urinaire chez certains profils.

4) Quels granulés choisir et quelle quantité ?

Les granulés ne sont pas la base. Ils servent de complément, en petite quantité.

  • privilégier des extrudés riches en fibres (au moins 18 %)
  • choisir une formule avec vitamine C stabilisée
  • quantité modérée (ordre d’idée : moins de 20 g/kg/j)
  • les disperser plutôt que tout mettre dans une seule gamelle (ça stimule l’activité)

5) Et les fruits, les friandises ?

Très occasionnellement. Les fruits restent sucrés et n’apportent pas grand-chose par rapport aux légumes. Les friandises industrielles sont souvent trop sucrées ou trop riches.
Dans notre pratique quotidienne, certains cobayes deviennent “accros” aux friandises, puis boudent le foin et les légumes. Et c’est là que les problèmes digestifs et dentaires commencent.

6) Quel foin choisir et comment le proposer ?

Un bon foin doit être : vert, odorant, peu poussiéreux, en longues fibres.
On évite de baser la ration sur des foins très riches en calcium (type luzerne) chez l’adulte, sauf indication particulière. Les foins de regains ou de phléoles sont souvent de bons choix.
Astuce pratique : secouer le foin avant de le mettre (pour enlever la poussière), proposer plusieurs endroits, plusieurs types, et varier les marques, utiliser râtelier, ou “cachettes” (tubes carton, coins de l’enclos).

2) Habitat, Mode de vie et Socialisation

7) Mon cobaye boit peu, c’est normal ?

Oui, surtout s’il mange beaucoup de légumes. Mais l’accès à une eau fraîche, changée chaque jour, reste indispensable.
Pour favoriser l’hydratation : proposer à la fois une gamelle et un biberon, multiplier les points d’eau, choisir une eau pauvre en calcium si ton cobaye a un terrain “urinaire”.
Dans notre pratique, chez les cobayes sujets à sablose ou calculs, l’eau et les légumes jouent un rôle plus important qu’on ne l’imagine.

8) Quel type de litière est le plus adapté ?

L’objectif : peu poussiéreux, absorbant, confortable.

  • chanvre ou papier (granulés compressés)
  • tapis type Drybed/Vetbed possibles si bien entretenus

Entretien : retirer les zones souillées tous les jours, changer intégralement au moins une fois par semaine (souvent plus selon la taille du groupe).
Une litière poussiéreuse ou trop humide favorise les irritations respiratoires et cutanées.

9) Les cobayes doivent-ils vivre à deux ?

Oui, idéalement. Ce sont des animaux sociaux. Deux cobayes (ou un petit groupe) est souvent plus équilibrant qu’un cobaye seul.
Si adoption tardive, l’intégration peut demander un peu de méthode. Dans notre pratique, on conseille souvent une présentation progressive, avec zones neutres et cachettes multiples. Et si mâle et femelle cohabitent, la reproduction peut être très rapide : la gestion de la reproduction doit être anticipée.

10) Vie en extérieur : bonne ou mauvaise idée ?

Sortir un cobaye peut être bénéfique (mouvement, enrichissement, herbe fraîche, lumière), mais seulement si c’est sécurisé : protection contre prédateurs et fugues, zone ombragée sans surchauffe, prévention parasitaire.
Dans notre pratique, les accidents arrivent souvent lors de sorties “juste 10 minutes” : un chien qui passe, un stress, une fuite, ou un coup de chaleur.

11) Quels jeux et enrichissements sont utiles ?

L’enrichissement sert à stimuler le transit, limiter l’ennui et encourager l’activité.
Idées simples : feuilles de légumes suspendues à une corde, foin caché dans des tubes en carton, balle distributrice de foin ou granulés, tunnels multiples et zones de cachettes.
Astuce : répartir plusieurs gamelles (au moins 3 à 4) et fractionner la distribution pour favoriser les déplacements.

3) Maladies, Parasites et Urgences

12) Quelles maladies parasitaires surveiller en priorité ?

Deux tableaux reviennent souvent en clientèle :

  • gale (Trixacarus caviae) : démangeaisons très intenses, pertes de poils, parfois crises de douleur pouvant aller jusqu’à des convulsions
  • teigne (dermatophytose) : zones d’alopécie, croûtes, souvent autour de la face ou sur le dos, avec risque zoonotique

Dans notre pratique, dès qu’un cobaye se gratte “beaucoup trop” ou hurle au toucher, on pense très vite à la gale et on traite sans tarder.

13) Pourquoi la stérilisation préventive est souvent discutée chez la femelle ?

Les kystes ovariens sont très fréquents chez la femelle cobaye, et une partie d’entre eux provoquent des signes : abdomen qui grossit, baisse d’appétit, perte de poils, gêne.
La stérilisation (ovariectomie) peut être proposée, idéalement de façon anticipée, selon l’âge, l’état général et le contexte. Dossier complet sur la stérilisation du cobaye.

14) Dents qui poussent sans arrêt : comment prévenir la malocclusion ?

Radiographie dentaire cobaye
Diagnostic par imagerie : radiographie dentaire d’un cobaye à la clinique

La prévention repose sur : foin et fibres longues en libre accès, apport régulier en vitamine C, activité et mastication.
Signes d’alerte : baisse d’appétit, tri alimentaire, salivation (“bave”), larmoiement ou écoulement oculaire, baisse ou arrêt des crottes.
Dans notre pratique quotidienne, un cobaye qui “vient manger mais n’arrive pas” est souvent un cobaye dentaire jusqu’à preuve du contraire.

15) Sablose urinaire : pourquoi ça arrive et quoi faire ?

Calcul urinaire cobaye
Calcul urinaire identifié sur un cobaye (imagerie LCV)

La sablose est multifactorielle : hydratation insuffisante, ration trop riche en calcium, manque de mouvement. Mesures utiles : augmenter l’hydratation, stimuler les déplacements, revoir la ration si elle est très riche en végétaux calciques, éviter la supplémentation “automatique” en vitamine C chez l’adulte si l’alimentation est déjà correcte.

16) Dilatation ou torsion d’estomac : c’est fréquent ?

Ce n’est pas le problème le plus courant, mais c’est une urgence majeure quand ça survient. Douleur intense, arrêt d’alimentation, ballonnement, prostration. Une prise en charge hospitalière rapide est indispensable.

17) Pneumonies : quels cobayes sont les plus à risque ?

Les jeunes cobayes récemment adoptés sont particulièrement concernés. Les pneumonies sont souvent d’origine bactérienne, parfois virale. Elles peuvent évoluer vite et nécessiter une hospitalisation (oxygène, réhydratation, antibiothérapie).
Dans notre pratique, un jeune cobaye “nouveau” qui respire vite, mange moins et reste immobile mérite une consultation rapide.

Ressources bibliographiques

  • Shomer NH et al., 2015. Biology and Diseases of Guinea Pigs. Source PMC
  • Minarikova A et al., 2015. Diseases in pet guinea pigs: a retrospective study in 1000 cases. Source PubMed
  • DeCubellis J, 2013. Gastrointestinal disease in guinea pigs and rabbits. Source PubMed
  • O’Rourke DP, 2009. Disease Problems of Guinea Pigs. Source PMC
  • Sebesteny A, 1976. Diseases of guinea-pigs. Source PubMed
  • DeCubellis J, 2016. Common Emergencies in Rabbits, Guinea Pigs, and Chinchillas. Source PubMed
  • Quesenberry KE, 1994. Guinea pigs. Source PubMed
  • Donnelly TM, 2004. Guinea pig and chinchilla care and husbandry. Source PubMed
  • Thèse VetAgro Sup Lyon, 2006. Dermatologie du cobaye. Source PDF
  • Dupont et al., ENVT Toulouse. Gestion de l’alimentation des lapins et des cochons d’Inde. Source PDF
  • CCAC Guidelines. Care of the Guinea Pig. Source PDF
  • Kouadio KP et al., 2020. Caractérisation des systèmes d’élevage de cobaye. Source PDF

Explorer nos dossiers et actualités

Retour en haut