La Leishmaniose : une prise en charge spécialisée à Lingostière Clinique Vétérinaire

Dr Nicolas MARTINEZ
One Health Dr Nicolas MARTINEZ

Intéressé par les liens entre santé animale et santé humaine, le Dr Martinez s’intéresse particulièrement aux maladies vectorielles. Dans ce cadre, il a suivi une formation universitaire complémentaire au sein de la faculté de médecine de Sorbonne Université, lui apportant une approche globale des enjeux sanitaires selon le concept « One Health ».

La leishmaniose est une maladie parasitaire grave en pleine expansion en Europe. Causée par le protozoaire Leishmania infantum et transmise par le phlébotome femelle, cette zoonose représente un défi pour la santé des animaux de compagnie et la santé publique. À Lingostière Clinique Vétérinaire, nous proposons une prise en charge vétérinaire structurée dédiée pour le diagnostic, le traitement et la prévention de cette maladie complexe, avec un engagement fort dans le cadre du concept One Health.

Comprendre la Leishmaniose : une maladie multi-facettes

La leishmaniose se transmet principalement par la piqûre d’un phlébotome femelle, un moucheron de très petite taille capable de pénétrer les moustiquaires classiques. Ce vecteur unique se nourrit à la fois de sang et de lymphe (telmophage), ce qui le différencie des moustiques. Le parasite circule dans l’organisme en se logeant dans les macrophages, provoquant des atteintes variées.

Parasite de la leishmaniose
Parasite de la leishmaniose © Lingostière Clinique Vétérinaire

La maladie peut se présenter sous plusieurs formes chez le chien :

  • Forme asymptomatique : L’animal est porteur sans symptômes visibles mais contribue à la dissémination du parasite via les phlébotomes.
  • Forme classique symptomatique : Amaigrissement progressif, abattement, lésions cutanées (ulcères, squamosis), croissance excessive des griffes, adénomégalies, anémie et épistaxis (saignements de nez).
  • Formes atypiques : Uvéites, atteintes rénales (glomérulonéphrites), arthrites, myocardites, et même crises épileptiformes. Ces formes sont souvent plus difficiles à diagnostiquer.

Chez le chat, bien que plus rare, la leishmaniose peut se manifester par des nodules cutanés, des ulcères ou un squamosis léger.

Sirius, chien malade de la leishmaniose
Sirius, chien malade de la leishmaniose 2
Cas cliniques suivis à la clinique.

Diagnostic précis et personnalisé

Pour diagnostiquer cette maladie, il est essentiel de combiner plusieurs outils afin d’obtenir des résultats fiables :

  1. Sérologie quantitative : Analyse de sang par ELISA ou IF pour détecter les anticorps spécifiques (Leishmania infantum). Un titre élevé (>1/320) est un indicateur fort de la maladie.
  2. Cytologie : Observation directe du parasite dans des prélèvements tels qu’adénogramme, myélogramme ou biopsie cutanée.
  3. PCR : Méthode très sensible permettant de détecter l’ADN du parasite dans divers types d’échantillons (peau, ganglions, moelle osseuse et dans les larmes).

Un bilan biologique complet est également réalisé pour évaluer l’état général de l’animal et dépister des complications (insuffisance rénale, anémie, hyperprotéinémie).

Traitement : une approche rigoureuse et complète

Une fois le diagnostic posé, plusieurs options thérapeutiques sont disponibles :

1. Antimoniate de méglumine (Glucantime®) : Administré par injection sous-cutanée pendant 28 jours, il agit comme un leishmanicide.

2. Allopurinol : Administré en continu par voie orale, ce médicament leishmaniostatique limite la multiplication du parasite. Une alimentation spécifique pauvre en purines est recommandée pour prévenir la formation de calculs urinaires liés au traitement.

3. Miltefosine (Milteforan®) : Administré par voie orale pendant 28 jours, ce médicament est une alternative efficace. Son utilisation requiert des précautions car il est hautement tératogène et doit être manipulé avec des gants.

Chez le chat, seul l’allopurinol est bien toléré, tandis que le Glucantime® et la miltefosine ne sont pas recommandés. Un suivi régulier, incluant des bilans sérologiques et cliniques, est indispensable pour surveiller les éventuelles rechutes.

Sirius en guérison de la leishmaniose
Sirius en guérison de la leishmaniose © Lingostière Clinique Vétérinaire

Prévention : une priorité essentielle

Protéger les animaux contre la leishmaniose repose sur plusieurs axes :

  • Prévention vectorielle : Utilisation de colliers ou spot-on contenant des pyréthrinoïdes (deltaméthrine, perméthrine, fluméthrine). Ventilation et réduction des lieux favorables au développement des phlébotomes.
  • Vaccination : Le vaccin Letifend® permet de réduire le risque d’infection chez les chiens séronégatifs. Une injection en primo-vaccination, suivie de rappels annuels, est recommandée.
  • Surveillance : En cas de séjour en zone endémique, un dépistage systématique est conseillé après le retour.
  • Sensibilisation des propriétaires : Expliquer le rôle de la prévention et les risques pour les animaux et les humains immunodéprimés dans leur entourage.

Une vision One Health

La leishmaniose est un exemple marquant de l’interconnexion entre santé animale, humaine et environnementale. Le Dr Nicolas Martinez travaille à sensibiliser les propriétaires et à collaborer avec d’autres professionnels de santé pour mieux comprendre et contrôler cette maladie. En tant que vétérinaires, notre rôle dépasse les limites de la clinique : il s’agit de participer à un effort global pour la prévention et la prise en charge des zoonoses comme la leishmaniose.

Contactez-nous

Pour toute question ou pour un dépistage, notre équipe à Nice est à votre disposition.

Prendre rendez-vous à Nice
#nospatientssontlesplusbeaux
Mascotte Licorne Clinique Vétérinaire Lingostière - FAQ Leishmaniose

FAQ – Leishmaniose canine et féline

Lingostière Clinique Vétérinaire
Qu’est-ce que la leishmaniose ?

La leishmaniose est une maladie parasitaire due au protozoaire Leishmania infantum. Elle est classée comme zoonose et concerne principalement le chien, plus rarement le chat et l’Homme. Son évolution est chronique et potentiellement grave.

Comment se transmet la leishmaniose ?

La transmission se fait essentiellement par la piqûre d’un phlébotome femelle, petit insecte hématophage actif surtout du printemps à l’automne, en fin de journée et la nuit.

Des modes de transmission non vectoriels ont toutefois été décrits chez le chien, de façon exceptionnelle :

– transmission sexuelle,
– transmission transplacentaire (mère → chiots),
– transmission par transfusion sanguine.

Ces voies restent marginales sur le plan épidémiologique et ne constituent pas le moteur principal de diffusion de la maladie.

La leishmaniose est-elle contagieuse entre chiens ?

Il n’existe pas de contagion directe courante entre chiens dans la vie quotidienne. Le rôle du phlébotome demeure central. Les transmissions directes décrites sont rares et ne justifient pas de mesures d’isolement strictes entre animaux.

La leishmaniose peut-elle se transmettre à l’Homme ?

Oui. Il s’agit d’une zoonose. La transmission à l’Homme se fait, comme chez le chien, par l’intermédiaire du phlébotome. Le risque est particulièrement accru chez les personnes immunodéprimées.

Un chien peut-il être porteur sans être malade ?

Oui. Une proportion importante de chiens infectés reste asymptomatique pendant des mois, voire des années. Ces chiens peuvent néanmoins servir de réservoir parasitaire pour les phlébotomes.

Quels sont les signes cliniques les plus fréquents chez le chien ?

Les formes cliniques sont très variables. Les signes les plus classiques incluent :

– amaigrissement progressif,
– abattement,
– lésions cutanées (squamosis, ulcères),
– croissance excessive des griffes,
– adénomégalies,
– anémie,
– épistaxis.

Des formes dites atypiques peuvent toucher les reins, les yeux, le cœur, les articulations ou le système nerveux.

La leishmaniose existe-t-elle chez le chat ?

Oui, mais elle est beaucoup plus rare. Les signes sont souvent discrets, principalement cutanés, ce qui rend le diagnostic plus difficile. Le chat semble globalement plus résistant, sans être totalement protégé.

Comment pose-t-on le diagnostic de la leishmaniose ?

Le diagnostic repose sur une approche combinée, adaptée à chaque animal :

– sérologie quantitative,
– PCR,
– mise en évidence directe du parasite (cytologie, biopsie),

associées à un bilan biologique complet pour évaluer les atteintes systémiques, notamment rénales.

Un test positif signifie-t-il que le chien est malade ?

Non. Un test positif indique un contact avec le parasite. Le diagnostic de maladie repose sur l’interprétation conjointe des résultats, des signes cliniques et de l’évolution biologique.

La leishmaniose se guérit-elle ?

Il n’existe pas de guérison parasitologique définitive. L’objectif du traitement est le contrôle de la maladie, avec diminution de la charge parasitaire et rémission clinique durable.

Le traitement est-il définitif ou à vie ?

La prise en charge est généralement au long cours, avec des phases de traitement et de surveillance. Des rechutes sont possibles et justifient un suivi régulier.

Pourquoi une alimentation spécifique peut-elle être recommandée ?

Certains traitements favorisent la formation de calculs urinaires. Une alimentation adaptée permet de réduire ce risque et fait partie intégrante de la prise en charge globale.

Existe-t-il un vaccin contre la leishmaniose ?

Oui, chez le chien. La vaccination permet de réduire le risque de développer une forme clinique, mais elle ne protège pas à 100 % et ne remplace jamais la prévention contre les phlébotomes.

La prévention vectorielle est-elle vraiment indispensable ?

Oui. La protection contre les phlébotomes est le pilier fondamental de la prévention, chez les chiens vaccinés comme non vaccinés.

Quand faut-il dépister un chien ?

Un dépistage est recommandé :

– avant toute vaccination,
– lors du suivi annuel en zone endémique,
– après un séjour dans une zone à risque,
– en présence de signes cliniques compatibles.

Pourquoi parle-t-on d’approche “One Health” pour la leishmaniose ?

Parce que cette maladie illustre parfaitement l’interdépendance entre santé animale, santé humaine et environnement. La prévention chez le chien participe directement à la réduction du risque pour l’Homme.

Approfondissez le dossier Leishmaniose 🦟

Lingostière Clinique vétérinaire
Retour en haut