Alimentation de la tortue d’Hermann : conseils vétérinaires

Dr Nicolas MARTINEZ à l'EnvA
Médecine des Chéloniens

Dr Nicolas MARTINEZ

Vétérinaire, intervenant en enseignement vétérinaire (interventions annuelles depuis 2021) sur les principales pathologies des tortues terrestres, dans le cadre du DIE Santé de la Faune Sauvage non captive.

La tortue d’Hermann est un herbivore strict dont la santé repose sur un équilibre nutritionnel précis. En captivité, une mauvaise alimentation est la cause n°1 des déformations de carapace et des troubles métaboliques.

L’objectif : imiter le milieu naturel en proposant une alimentation riche en fibres et en calcium, tout en limitant les sucres et les protéines.

Les piliers de l’équilibre

Rapport Calcium/Phosphore ≥ 2 90 % plantes sauvages 0 % protéines animales

Dans la nature, la tortue sélectionne des « mauvaises herbes » sèches ou fraîches. En captivité, elle a tendance à choisir les aliments les plus sucrés. Il revient donc au propriétaire de cadrer strictement le menu pour assurer une croissance harmonieuse.

Le plat principal : 90 % de végétaux

Favorisez les plantes de type méditerranéen, riches en minéraux et en fibres.

Plantes sauvages (Idéal)

  • Pissenlit (feuilles et fleurs)
  • Trèfle blanc
  • Plantain
  • Chicorée sauvage
  • Liseron des champs
  • Mauve et Pâquerettes
  • Orties séchées

Légumes de substitution

  • Frisée et Scarole
  • Mâche et Roquette
  • Fanes de radis/carottes
  • Feuilles de navet
  • Endives
  • Céleri branche

Le « dessert » : 10 % de fruits maximum

Les fruits doivent rester une exception (1 à 2 fois par semaine) car leur teneur en sucre perturbe la flore intestinale.

Fruits recommandés

  • Figues fraîches
  • Fraises et Framboises
  • Mûres et Myrtilles
  • Raisins (avec modération)

À limiter strictement

  • Banane (trop riche)
  • Melon et Pastèque
  • Pomme et Poire
  • Kiwi

Vigilance : Aliments et plantes toxiques

Danger : Certaines plantes communes de nos jardins sont fatales pour les tortues.

  • Laurier-rose, Rhododendron, If, Lupin
  • Digitale, Lys, Muguet
  • Oxalis et Renoncule (Bouton d’or)
  • Séneçon jacobée, Troène

Calcium, Os de seiche et UVB

Sans Vitamine D3, le calcium n’est pas fixé. Cette synthèse nécessite une exposition directe au soleil (sans vitre) ou une lampe UVB de qualité pour les tortues en intérieur.

Proposez un os de seiche en libre-service : la tortue le consommera d’elle-même selon ses besoins physiologiques, notamment lors de la croissance ou de la formation des œufs.

Hydratation

L’eau doit être changée quotidiennement. Utilisez une coupelle large mais très peu profonde pour éviter tout risque de noyade, tout en permettant à la tortue de s’immerger partiellement pour s’hydrater par le cloaque.

Pièges et erreurs fatales

Protéines animales

Les croquettes pour chien/chat, le fromage ou la viande provoquent des insuffisances rénales irréversibles et des déformations majeures (pyramiding).

Féculents

Le pain, les pâtes ou le riz sont totalement inadaptés au métabolisme des reptiles et causent des stéatoses hépatiques (foie gras).

Un doute sur l’alimentation de votre tortue ?

Une consultation médicale permet de faire le point sur la croissance et les besoins de votre animal.

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