La tortue d’Hermann : biologie, hibernation et maintenance

Dr Nicolas MARTINEZ à l'EnvA
Médecine des Chéloniens

Dr Nicolas MARTINEZ

Vétérinaire, intervenant en enseignement vétérinaire (interventions annuelles depuis 2021) sur les principales pathologies des tortues terrestres, dans le cadre du DIE Santé de la Faune Sauvage non captive.

Espèce emblématique de notre région, la tortue d’Hermann (Testudo hermanni) est un reptile fascinant dont la maintenance en captivité ne laisse aucune place à l’improvisation. Sa santé dépend d’un équilibre strict entre environnement, alimentation et cycles saisonniers.

Tortue d'Hermann juvénile en consultation
Tortue d’Hermann juvénile – suivi pédiatrique à la Clinique Lingostière, Nice.

Un cadre légal strict

La tortue d’Hermann est une espèce protégée. Sa détention est soumise à des obligations réglementaires précises en France :

  • Le CIC (Certificat Intra-Communautaire) : obligatoire pour prouver l’origine légale de chaque individu.
  • Le marquage : l’identification par puce électronique (transpondeur) est une obligation légale réalisée par votre vétérinaire.
  • Déclaration : la détention doit être déclarée auprès de la DDPP de votre département.

Physiologie : le rôle vital de la chaleur

Comme tous les reptiles, la tortue est un animal **ectotherme**. Elle est incapable de produire sa propre chaleur corporelle et dépend entièrement des sources externes (soleil, lampes) pour activer son métabolisme, digérer et renforcer son immunité.

☀️ Point chaud : 28 à 30 °C ☁️ Seuil d’activité : > 15 °C ❄️ Hibernation : 4 à 8 °C

À sa température optimale, elle synthétise la Vitamine D3 grâce aux UVB, ce qui permet la fixation du calcium indispensable à la solidité de sa dossière.

L’hibernation : une étape naturelle mais risquée

Dans la nature, une tortue d’Hermann hiberne dès son premier hiver. Cependant, en captivité, une hibernation mal préparée ou réalisée sur un animal trop faible est souvent fatale.

⚠️ Zone de danger : La température moyenne de nos maisons (19–21 °C) est critique. C’est une température trop basse pour digérer (pourrissement des aliments dans l’estomac) mais trop élevée pour hiberner (épuisement des réserves).

Faut-il faire hiberner une juvénile ?

Si la tortue est née en fin d’été et n’a pas eu le temps de constituer des réserves suffisantes (poids trop faible), il est parfois préférable de la maintenir active en terrarium durant son premier hiver pour sécuriser sa croissance.

Maintenance optimale en terrarium

Pour un animal ne faisant pas d’hibernation (juvénile ou convalescent), le terrarium doit recréer un micro-climat méditerranéen précis :

Gestion Thermique

  • Cycle : 12h de jour / 12h de nuit.
  • Équipement : Lampe combinée chauffante + UVB de haute qualité.
  • Eau : Point d’eau peu profond toujours propre.

Environnement

  • Substrat : Terre de jardin (sans engrais) mélangée à un peu de sable.
  • Repos : Cachettes fraîches (foin, écorces) pour réduire le stress.
  • Bains : Bains tièdes 2 fois par semaine pour l’hydratation.

Le bilan pré-hivernage

Avant chaque hiver, un examen vétérinaire est recommandé pour vérifier l’absence de pathologies respiratoires ou parasitaires qui pourraient s’aggraver durant le sommeil hivernal. À la clinique, nous réalisons des pesées précises et des bilans de santé pour valider l’aptitude à l’hibernation.

Un doute sur la santé de votre tortue ?

Le Dr Nicolas Martinez vous accompagne pour sécuriser l’environnement et les cycles de votre reptile.

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